de Marcel Cappaï (Echo de Bougie 2000)




Qu' elle était verte la Vallée...


 


Ayant déjà effectué plusieurs camps volants scouts, j'avais décidé d'effectuer le parcours d'Ighil-Ali où je travaillais, sur BOUGIE ma ville natale.
Mon plan de route était le suivant : quatre étapes de 25 km par jour en évitant de m'éloigner des axes routiers avec hébergement la nuit chez des amis et connaissances.
C'est donc en tenue scoute, sac au dos et bâton de routier en main que j'effectuais une randonnée de toute beauté dans la belle et fertile vallée de la Soummam qui ne prenait son nom qu'à partir d'Akbou.
Le premier jour j'essuyais une pluie diluvienne tout l'après-midi, alors que le lendemain c'est par une chaleur torride que je terminais cette étape ; la troisième journée fut printanière et la dernière me parut la plus longue et éprouvante.
Durant cette randonnée, j'ai pu constater, admirer et apprécier les réalisations de la civilisation française dans tous les domaines, et la mise en valeur des richesses du sol et du sous-sol dans un milieu indifférent et parfois hostile.
Plus d'un demi-siècle plus tard me reviennent en mémoire quelques anecdotes :
- les plaques signalétiques routières aux noms évocateurs : Guendouze, Allaghane, Tazmalt, Béni-Mançour, Akbou, Azib Ben Ali Chérif, Ighzer-Amokrane, Takrietz, Seddouk, Sidi-Aïch, El Maten, El Kseur, Oued Amizour, Yakouren, Azazga, Tizi Ouzou, La Réunion, Cap Sigli, Toudja, Col Tizi et enfin Bougie...
- alors que je refusais poliment sous une pluie battante de monter dans un véhicule consulaire, je devinais l'envie des occupants de m'embarquer de force
- le casse-croûte partagé en commun avec un berger kabyle sous un caroubier plus que centenaire
- la gentillesse des chauffeurs d'autocars et des mécaniciens de train qui me saluaient au passage d'un coup d'avertisseur pour m'encourager
- l'amabilité des personnes qui m'ont accueilli au cours de mes haltes - d'avoir entendu dans un certain village des enfants ahaner les versets du coran alors que vingt mètres plus loin un instituteur français parlait de Jeanne d'Arc à ses élèves
- avoir eu une pensée émue devant le cimetière des forces alliées à La Réunion ainsi qu'à celui Français du Tombeau de la neige.
Cette escapade en solitaire reste un de mes meilleurs souvenirs et avec «CEUX DE BOUGIE ET SA RÉGION», nous pouvons affirmer «Qu'elle était verte la vallée»...
En ce temps là !


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