de Marcel Cappaï (Echo de Bougie 1996)




J' étais scout à Bougie


 

Ayant réussi au certificat d'études, j'avais obtenu la récompense d’entrer aux Scouts de France ; le local de la Troupe Bayard se trouvait alors au presbytère dans la rue Fatima, face au lycée. J'ai de suite été affecté dans la patrouille des Lynx.
Les jeudis, nous nous réunissions dans le coin patrouille pour parler de nos activités passées, celles à venir et préparer nos épreuves pour progresser en grade.
Le dimanche, nous assistions traditionnellement à la messe et, suivant le temps, nous sortions, soit l'après-midi dans les environs immédiats ou alors nous partions en sortie de journée dans la nature.
Nous connaissions tous les sentiers et traverses du Gouraya pour atteindre la maison forestière, la table d'orientation, le Pic des Singes, le Cap Carbon, la grotte des Pirates, le plateau des chardonnerets, le pont rouge, les Aiguades, Bougie plage, les concessions, le bois d'eucalyptus, le fort Clauzel, le fort Fossé...
Les cérémonies de promesse se déroulaient très souvent aux Oliviers. Au retour de nos sorties, nous traversions la ville en chantant à pleine voix. De temps en temps aussi, nous faisions des sorties en bicyclette vers El Kseur ou Cap Aokas.
L'été, c'était le grand camp où nous nous évadions du milieu familial pendant 2 à 3 semaines pour vivre en nature et dormir sous la tente. Partout nous étions bien accueillis : Seddouk, Tazmalt, Aberkane, El Kseur, La Réunion, Tichy, Cavallo, Guerrouch, Djidjelli, Bouïra...
Une année, nous avons même été sélectionnés pour représenter le département de Constantine au Jamboree mondial qui se tenait dans les environs de Paris.
A une époque, les mouvements de jeunesse ont fleuri de tous côtés : chez les scouts, la 2ème, et 3ème troupe et nous entretenions les meilleures relations avec les Éclaireurs Unionistes, de France, musulmans, guides, jeannettes, louveteaux, routiers, compagnons de France...
Je me souviens encore des grandes animations réalisées en commun : illumination de la jetée par de multiples feux de joie, fêtes annuelles au Théâtre iflg municipal, participation aux représentations culturelles et de bienfaisance, feux de camp, et animation dans tous les quartiers à tour de rôle par toutes les associations.
Au débarquement des Forces alliées en A.F.N., nous sommes restés une poignée pour répondre présent à notre devoir civique en servant d'agent de liaison, de brancardier et de secouriste sous les bombardements sur la ville et dans la baie de Bougie.
La libération terminée, les associations de jeunesse ont repris leurs activités.
Un peu plus tard, la situation s'est dégradée et un jour notre vie s'est subitement assombrie. Il nous a fallu abandonner toutes nos attaches Bougiotes pour venir nous disperser en Métropole.
Volontairement, je n'ai cité aucun nom de crainte d'en oublier où de me tromper, mais tous les Bougiotes saurons s'y reconnaître. D'ailleurs, ils suffit de parcourir le bulletin de liaison «Ceux de Bougie» pour rattacher à chaque nom un événement, un souvenir, une situation, un fait marquant...
En remerciant ceux qui se dévouent pour conserver le souvenir de «là-bas», je vous adresse à tous mon meilleur salut scout de Bougie.

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