Ayant réussi au certificat d'études, j'avais obtenu la
récompense dentrer aux Scouts de France ; le local de
la Troupe Bayard se trouvait alors au presbytère dans la rue
Fatima, face au lycée. J'ai de suite été affecté
dans la patrouille des Lynx.
Les jeudis, nous nous réunissions dans le coin patrouille pour
parler de nos activités passées, celles à venir
et préparer nos épreuves pour progresser en grade.
Le dimanche, nous assistions traditionnellement à la messe et,
suivant le temps, nous sortions, soit l'après-midi dans les environs
immédiats ou alors nous partions en sortie de journée
dans la nature.
Nous connaissions tous les sentiers et traverses du Gouraya pour atteindre
la maison forestière, la table
d'orientation, le Pic des Singes, le Cap Carbon, la grotte des Pirates,
le plateau des chardonnerets, le pont rouge, les Aiguades, Bougie plage,
les concessions, le bois d'eucalyptus, le fort Clauzel, le fort Fossé...
Les cérémonies de promesse se déroulaient très
souvent aux Oliviers. Au retour de nos sorties, nous traversions la
ville en chantant à pleine voix. De temps en temps aussi, nous
faisions des sorties en bicyclette vers El Kseur ou Cap Aokas.
L'été, c'était le grand camp où nous nous
évadions du milieu familial pendant 2 à 3 semaines pour
vivre en nature et dormir sous la tente. Partout nous étions
bien accueillis : Seddouk, Tazmalt, Aberkane, El Kseur, La Réunion,
Tichy, Cavallo, Guerrouch, Djidjelli, Bouïra...
Une année, nous avons même été sélectionnés
pour représenter le département de Constantine au Jamboree
mondial qui se tenait dans les environs de Paris.
A une époque, les mouvements de jeunesse ont fleuri de tous côtés
: chez les scouts, la 2ème, et 3ème troupe et nous entretenions
les meilleures relations avec les Éclaireurs Unionistes, de France,
musulmans, guides, jeannettes, louveteaux, routiers, compagnons de France...
Je me souviens encore des grandes animations réalisées
en commun : illumination de la jetée par de multiples feux de
joie, fêtes annuelles au Théâtre iflg municipal,
participation aux représentations culturelles et de bienfaisance,
feux de camp, et animation dans tous les quartiers à tour de
rôle par toutes les associations.
Au débarquement des Forces alliées en A.F.N., nous sommes
restés une poignée pour répondre présent
à notre devoir civique en servant d'agent de liaison, de brancardier
et de secouriste sous les bombardements sur la ville et dans la baie
de Bougie.
La libération terminée, les associations de jeunesse ont
repris leurs activités.
Un peu plus tard, la situation s'est dégradée et un jour
notre vie s'est subitement assombrie. Il nous a fallu abandonner toutes
nos attaches Bougiotes pour venir nous disperser en Métropole.
Volontairement, je n'ai cité aucun nom de crainte d'en oublier
où de me tromper, mais tous les Bougiotes saurons s'y reconnaître.
D'ailleurs, ils suffit de parcourir le bulletin de liaison «Ceux
de Bougie» pour rattacher à chaque nom un événement,
un souvenir, une situation, un fait marquant...
En remerciant ceux qui se dévouent pour conserver le souvenir
de «là-bas», je vous adresse à tous mon meilleur
salut scout de Bougie.