Dans son article « 1962-2002 : 40 ans déjà ! »,
Paul SCHENCKBECKER nous invite à compléter sa liste de
« petits souvenirs » bougiotes. Alors, allons-y :
Qui a oublié
lappel : « Li-zoublis ! Li zoublis ! »
qui faisait accourir tous les enfants, sur la route de la Brise de mer
? et qui na pas dégusté avec délices les
OUBLIS vendus dans cette sorte de tambour dont il fallait tourner le
volant pour y accéder ?.
Et Galoufa, la charrette de la fourrière municipale, dont le
fouet terminé par un lasso était la terreur de tous les
chiens errants
toujours suivie par quelques ya-ouled
?
Qui a oublié les invasions de sauterelles, qui, ailes contre
ailes, faisaient écran au soleil et obscurcissaient Bougie en
plein midi ? Dans lembouteillage, certaines dentre elles
tombaient et, pour la plus grande joie des garçons, terrorisaient
les filles
Qui se rappelle les jours de grande prière, à la Plaine,
devant le marabout de Sidi Touati, avec une mer de burnous, ployés
sur les tapis étalés sur le sol, en direction de lEst
? Tous les fidèles qui navaient pas les moyens de se rendre
à La Mecque, venaient prier au moins une fois dans leur vie à
Bougie, la « Petite Mecque » aux 99 marabouts !
Qui se souvient des soirées dété, sur la
grande jetée, avec les paniers de « pitses » et les
bouteilles dantésite, pour profiter dune brise bienfaisante
après la canicule de la journée , en admirant le magnifique
lever de lune sur la baie
et le retour en barque, avec le «
passeur » ?
Qui na pas ramassé, au square de la Plaine, les boules
de sapendus quil fallait casser, au marteau, une fois rentrés
à la maison, pour extraire les petites boules noires, ancêtres
des « Mir laine » et autre produit similaire
?
Qui, en achetant, ici, son poisson au marché ou supermarché,
ne repense pas avec mélancolie à larrivée
des chalutiers, le soir, avec les cageots débordant de rougets
à lil vif, de merlans argentés, de soles fondantes
achetés sur les quais et cuisinés dans lheure
?
Qui, pour les plus anciens dentre nous, se souvient encore du
passage du tambour de ville ? ra..ra..ra.. Avisss à la population
!
. Quon se le dise ! »
Qui pense encore aux promenades en calèche, au résonnement
des sabots des chevaux du père Azoulay dans les rues de Bougie,
avant que son garage laisse la place à la maison des uvres
?
Qui a oublié le goût des délicieux « ftaïrs
» achetés, dans une feuille de papier journal, chez le
gros Mozabite de la place Clément Martel, assis en tailleur devant
sa grosse bassine dhuile bouillante et qui façonnait ses
beignets dune main si experte ?
Qui na pas encore en mémoire la longue et monotone litanie
qui séchappait de la Médersa El Khadounia et qui
nous suivait tout le long de la rue Saint-Joseph ?
qui
.. (à qui la suite ?)
Roger et Ginette CORTESE