Paru dans l' Echo de Bougie 2003
par Roger et Ginette CORTESE
Texte transmis par email

SOUVENIRS QUI PASSENT...



Dans son article « 1962-2002 : 40 ans déjà ! », Paul SCHENCKBECKER nous invite à compléter sa liste de « petits souvenirs » bougiotes. Alors, allons-y :


Qui a oublié l’appel : « Li-z’oublis ! Li –z’oublis ! » qui faisait accourir tous les enfants, sur la route de la Brise de mer… ? et qui n’a pas dégusté avec délices les OUBLIS vendus dans cette sorte de tambour dont il fallait tourner le volant pour y accéder ?.

Et Galoufa, la charrette de la fourrière municipale, dont le fouet terminé par un lasso était la terreur de tous les chiens errants … toujours suivie par quelques ya-ouled … ?

Qui a oublié les invasions de sauterelles, qui, ailes contre ailes, faisaient écran au soleil et obscurcissaient Bougie en plein midi ? Dans l’embouteillage, certaines d’entre elles tombaient et, pour la plus grande joie des garçons, terrorisaient les filles …

Qui se rappelle les jours de grande prière, à la Plaine, devant le marabout de Sidi Touati, avec une mer de burnous, ployés sur les tapis étalés sur le sol, en direction de l’Est ? Tous les fidèles qui n’avaient pas les moyens de se rendre à La Mecque, venaient prier au moins une fois dans leur vie à Bougie, la « Petite Mecque » aux 99 marabouts !

Qui se souvient des soirées d’été, sur la grande jetée, avec les paniers de « pitses » et les bouteilles d’antésite, pour profiter d’une brise bienfaisante après la canicule de la journée , en admirant le magnifique lever de lune sur la baie … et le retour en barque, avec le « passeur » ?

Qui n’a pas ramassé, au square de la Plaine, les boules de sapendus qu’il fallait casser, au marteau, une fois rentrés à la maison, pour extraire les petites boules noires, ancêtres des « Mir laine » et autre produit similaire … ?

Qui, en achetant, ici, son poisson au marché ou supermarché, ne repense pas avec mélancolie à l’arrivée des chalutiers, le soir, avec les cageots débordant de rougets à l’œil vif, de merlans argentés, de soles fondantes … achetés sur les quais et cuisinés dans l’heure ?

Qui, pour les plus anciens d’entre nous, se souvient encore du passage du tambour de ville ? ra..ra..ra.. Avisss à la population ! …. Qu’on se le dise ! »

Qui pense encore aux promenades en calèche, au résonnement des sabots des chevaux du père Azoulay dans les rues de Bougie, avant que son garage laisse la place à la maison des œuvres ?

Qui a oublié le goût des délicieux « ftaïrs » achetés, dans une feuille de papier journal, chez le gros Mozabite de la place Clément Martel, assis en tailleur devant sa grosse bassine d’huile bouillante et qui façonnait ses beignets d’une main si experte ?

Qui n’a pas encore en mémoire la longue et monotone litanie qui s’échappait de la Médersa El Khadounia et qui nous suivait tout le long de la rue Saint-Joseph ?
qui ….. (à qui la suite ?)

Roger et Ginette CORTESE



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