La
journée a été chaude, pas un souffle d'air en ville,
les rues sont désertes, vitres grandes ouvertes nous allons en famille
essayer de trouver un coin de fraîcheur. Direction la jetée.
C'est un lieu de rencontre entre amis. Le soleil commence à descendre
et l'arrière port scintille de mille feux. Les habitués arrivent,
parmi eux un barbu. Il ne parle à personne sauf à sa compagne
afin de lui donner les dernières consignes pour les emplacements
de la soirée. C'est un " pro ", il attendra que la nuit soit tombée
pour débusquer dans les rochers les crabes qui feront les repas des
daurades. Il a son bidon, ex-boite de conserve, sa lampe, son pic. La nuit
est maintenant bien noire. De notre coté chacun a sorti pizza, salade
de tomates, boissons. Le transistor envoie les derniers tubes de l'été
et les discussions vont bon train, quelques éclats de rire, Lui,
installé sur son rocher nous lance un mauvais il.
La lune maintenant
se reflète dans l'eau, en face de nous la ville brille de toutes
ses lumières. Une légère brise vient nous rafraîchir,
il fait bon, le ciel est constellé d'étoiles, nous croquons
à pleines dents pizzas et autres, nos petits prennent leur biberon.
Faites un voeu une étoile filante vient de se décrocher de
l'atmosphère. Comment peut-on s'imaginer que nous sommes en train
de vivre nos derniers instants de bonheur. Stop ! Le barbu vient de sortir
une belle pièce, sans bruit nous nous approchons pour admirer, mais
la prise a déjà été cachée dans le panier,
et si nous lui posons une question il reste sourd et muet.
22 h 30, il faut rentrer, nos petits rêvent déjà, à
demain pour les retrouvailles... mais il n'y a plus eu de lendemain... Je
viens de me dérouler ce film quelque peu jauni par le temps. Le réveil
est brutal, pourquoi le passé me rattrape d'un seul coup moi qui
pensais avoir oublié que BOUGIE ne se nomme plus BOUGIE.
Claude SERVIES