Ce village était limité côté Bougie par le " château Deloustale ", de l’autre côté par la villa appartenant à la famille Lebrun. Au centre se trouvait en contrebas de la R.N le café restaurant Di Nitto. Quand on se trouvait chez Di Nitto, on était à deux pas de la plage, rendez-vous de tous les Bougiotes et autres personnes des environs. En ce lieu, tout se prêtait aux rencontres en famille, ou avec les copains.
La baignade était bien sur la distraction favorite de la plupart dans une eau d’une rare pureté et généralement assez calme. Le seul danger, c’était quelques fois les " tchouches " (espèces de grosses raies noires qui venaient s’échouer).
Au large, à 4 ou 500m., se trouvaient " les deux rochers " dont l’un d’eux était surmonté d’un plongeoir d’une hauteur respectable. Ils étaient accessibles seulement aux bons nageurs.
En main gauche, il y avait " l’Îlot ", ensemble important de rochers assez proches de la plage, qui permettaient l’escalade et les plongeons en toute sécurité.
Si on portait son regard au loin au-delà de l’Îlot, on découvrait Bougie, à une quinzaine de kilomètres, adossé au massif du Gouraya.
Les bains se pratiquaient généralement le matin de dix heures à midi et ou l’après-midi après 15 heures. L’ambiance y était sympa, car on était ni tassé, ni stressé, comme on peut l’être bien souvent sur une plage. Chacun allait et venait en toute quiétude Nous avons eu pendant longtemps un maître-nageur qui s’appelait Mohand qui supervisait tout et avait la confiance de chacun.
Les années ont passé, Tichy s’est développé et une extension du petit village s’est fait côté Bougie. Pour tous, tout ce secteur était nommé " Chez Martello ".
Outre la baignade et les plaisirs de la plage, il y avait aussi celui de la gastronomie et le petit bal du samedi soir. Nous avons connu trois établissements : " chez Martello ", ci-dessus désigné, « chez Bouette «, qui était installé au château De Loustale, et " chez Lebrun ", situé à l’autre bout de la station.
Quel que soit l’établissement, le petit bal du samedi soir représentait pour nous le plaisir suprême qui faisait oublié tous les soucis de la semaine.
Si on voulait varier les distractions, on pouvait pousser une pointe jusqu’à Oued Marsa distant de quelques kilomètres. Cela nous permettait de découvrir le château Poizat dans un site magnifique, et le Cap Aokas qui surplombait une plage sans fin en direction de Souk El Tnine.
Cet Eden a duré jusqu’à une certaine époque où l’établissement Lebrun a été occupé par une unité militaire chargée de la surveillance du secteur.
En pensant à Tichy, chacun de nous garde un souvenir ému, et peut se demander avec le poète : " objets inanimés avez-vous donc une âme qui s’attache à notre âme et la force d’aimer ? "
Un Ami d’Oued Amizour